« …Léo appuie sur une touche, tout le monde peut voir que l’homme tient une petite seringue. Le film se déroule à nouveau et l’on voit nettement Mathieu enfoncer l’aiguille dans l’épaule de Carla. Un artiste, personne n’a rien vu. La jeune femme pousse un petit cri, presque imperceptible, mais avant qu’elle tombe sous l’effet du narcotique, l’homme la soutient à bras le corps puis, fendant la foule, il se dirige vers une petite porte métallique gardée par un homme en arme. Le gardien regarde furtivement, à droite et à gauche, puis ouvre la porte. Le battant se referme sur eux, ils sont au-dehors.
— Mais ils sont à l’extérieur, dans Paris, dit Laurence l’infirmière, incroyable. Si je comprends bien le gardien est de connivence, c’est donc un traitre. À qui peut-on faire encore confiance ici ?
— Tu as raison, répond Alex, après ça je vais douter de tout le monde. J’attends avec fébrilité de savoir où ce scélérat emmène ma Carla.
— Je suis désolé, sincèrement, de ne pas avoir été plus attentif à ce qui se déroulait à ce moment-là, dit Léo, la mine déconfite, mais la suite, que nous avons visionné après que les leaders nous ai fait part de l’incident, va vous situer où se trouve la jeune femme. Je ferai tout pour vous aider.
— L’erreur est humaine, prononce Anne, qui essaie de tempérer les humeurs, tu ne pouvais pas savoir qu’il y avait matière à suspicion, et tu n’avais pas à juger s’il faillait suivre précisément les agissements de ce Mathieu.
— Ouais, dit Alex très contrarié, admettons, mais n’a-t-il pas dit tout à l’heure que la priorité était l’extérieur… ? Ne perdons plus de temps et regardons où se dirige notre espion.
Tous ont de nouveau les yeux fixés sur ce qui se déroule à l’écran.
Mathieu Bertin, Carla dans ses bras toujours inconsciente, se dirige vers un véhicule, un 4x4 aux vitres teintées, moteur en marche qui semble les attendre. La portière arrière s’ouvre et l’homme dépose la jeune femme sur la banquette, sans trop de ménagement. On aperçoit le conducteur du véhicule, c’est une femme.
— Stooooop ! hurle Yves Saran. Zoom sur la conductrice.
Léo s’exécute. À son tour il reste pantois devant l’image. La personne qu’il voit au volant n’est autre que Carla. Le jeune homme se retourne vers le groupe, il semble complètement désemparé.
— Mais… mais… ce n’est pas possible, je vois double ou quoi interroge-t-il ? Elle est allongée sur la banquette et… et elle est aussi assise au volant, c’est quoi, une hallucination ?
Le groupe ne peut s’empêcher de sourire devant le désarroi du jeune homme. Tous comprennent qu’il y a de quoi être déroutés. Alex, qui a retrouvé son calme, décide de raconter dans les grandes lignes l’histoire de leur arrivée dans ce monde. Il sait que le temps est précieux, mais il ne peut laisser Léo dans l’ignorance; ce garçon pourra leur être d’une grande aide par la suite.
Le jeune homme reste un moment silencieux après l’explication d’Alex, puis, avec frénésie il se remet devant son clavier tout en marmonnant des « stupéfiant », des « incroyable », des « inimaginable »…
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